06 58 58 87 99 Île-de-France - 07 81 41 10 90 Côte d'Opale... | ... Marc CLÉMENT-HINGER est un écrivain-conseil© référencé par le Groupement des Écrivains-Conseils©
scribe accrouppi statue egyptienne

HOMMAGE À L’ÉCRIVAIN PUBLIC

« Écrivain public, un vieux métier d’avenir »… ce titre de livre (G. MADOU – Éditions du Puits fleuri) décrit parfaitement le champ d’application temporel de ce métier. De tout temps et en tous lieux, un homme (la notion d’écrivain public au féminin est récente) plus cultivé que ses semblables, et foncièrement altruiste, a écrit les doléances et les requêtes de ses concitoyens dans la difficulté. En intermédiaire fin connaisseur de l’âme humaine et de la chose publique, il a mis son talent d’auteur, de poète et de négociateur au service des illettrés et des personnes démunies. Son négoce a traversé les siècles, car il répond à un besoin parfaitement humain et universel : obtenir un résultat, de quelque ordre que ce soit, en demandant au spécialiste d’exprimer de la meilleure façon possible, à sa place, sa question ou sa problématique.
Les talents du scripteur sont réputés nombreux pour réussir cette entreprise : compréhension, clarté, empathie, précision, efficacité, neutralité, patience, qui ne sont que les premières qualités requises… Aujourd’hui plus qu’hier, les nouvelles technologies accroissent de façon vertigineuse la quantité de l’information, mais n’ont jamais détrôné l’écriture, qu’elles utilisent plus que jamais ! Tant qu’il y aura des hommes organisés en groupes tribaux hiérarchisés, il y aura la place d’un interprète, d’un transmetteur, d’un transcripteur, pour le bien-être de chacun et de tous. L’écrivain public !
Calame94.

DÉFINITION ET HISTOIRE DE L’ÉCRIVAIN PUBLIC

L’écrivain public se définit comme « une personne qui rédige des lettres, des actes, pour ceux qui ne savent pas écrire ou qui maîtrisent mal l’écrit ».
Cette définition d’une « personne qui écrit des lettres pour ceux qui ne savent pas écrire » apparaît dans les dictionnaires de la langue française dès 1835, où le sens latin de scribe ou copiste du terme écrivain est alors repris pour former la locution « écrivain public ».
Des scribes de l’Égypte de l’Antiquité aux clercs du Moyen Âge, les besoins en homme d’écriture se font ressentir avec l’essor des échanges commerciaux, dans un premier temps, puis avec l’organisation des structures administratives ensuite.
À l’origine, si l’écriture permet de constituer des listes et de tenir des comptes, le scribe peut être considéré comme la première forme du métier d’écrivain public. Au cours des siècles qui suivent, l’usage de l’écrit est en partie réservé aux pouvoirs politiques et religieux. Sur le continent européen, les moines sont parmi les rares à être capables de rédiger et lire des textes essentiellement en latin.
De la fin du XIIe siècle au début du XIIIe siècle, l’essor des villes s’accompagne d’une évolution de la société avec l’apparition de la bourgeoisie – ceux qui habitent le bourg – et un enrichissement grâce au commerce. Mais la population reste peu lettrée et la nécessité d’une tierce personne pour rédiger, lire, répertorier les actes commerciaux est un besoin de plus en plus fort. Déjà, à cette époque, le métier d’écrivain public est une réponse à une demande de service.
Avec l’organisation des échanges commerciaux, la multiplication des métiers, le développement de l’administration royale et municipale, l’écrivain public est celui qui rédige les accords, les contrats et les lettres qui ne nécessitent pas l’intervention d’un juriste dont les services sont beaucoup plus chers.
Au XIIIe siècle comme au cours des siècles suivant, le nombre d’écrivains publics varie selon les guerres et les évènements politiques qui pèsent directement sur les activités économiques. En 1280, soixante écrivains publics sont recensés à Paris.
En France, avec le développement de la profession au XIVe siècle, parmi les écrivains publics les plus renommés, Nicolas Flamel (1330?-1418) avait installé son cabinet près de l’église Saint-Jacques-la-Boucherie à Paris.
À la Renaissance, certains écrivains publics du XVIe siècle ont une bonne situation. Surtout ceux qui ont su développer des qualités rédactionnelles et une maîtrise de la langue. Certains se spécialisent et étendent leur domaine de compétences aux actes juridiques en plus des textes administratifs et commerciaux. À l’inverse, d’autres moins habiles connaissent des difficultés pour vivre (caricatures de Daumier (1808-1879).
… lire la suite de l’article Wikipédia

JACQUES HENRI LE TEXIER, ÉCRIVAIN POUR LE PUBLIC… AUX GALÈRES !

« Arrêt de la Cour du Parlement, qui condamne Jeanne Leroi, Couturière, & Jacques Henri le Texier, Écrivain pour le Public ; sçavoir ladite Leroi, à faire amende-honorable, au carcan, ayant deux chapeaux pendus à ses côtés, à la marque, & à être détenue à l’Hôpital-général de la Salpêtrière, pendant neuf ans, pour avoir, à l’aide d’un faux extrait mortuaire de son premier mari, qu’elle a fait fabriquer à prix d’argent, contracté un second mariage ; & ledit Jacques-Henri le Texier, aussi à faire amende honorable, à la marque, sur les deux épaules, & aux Galères, à perpétué, pour avoir fabriqué ledit faux extrait mortuaire, & l’avoir revêtu des légalisations, signatures, & autres formalités, requises pour validité de pareils actes.»
Du 31 janvier 1767. Extrait des registres du Parlement.

décision de justice de 1767 contre écrivain public

ÉVOLUTION ACTUELLE DU MÉTIER

Le prestataire a obtenu la confiance de plusieurs municipalités de la région parisienne qui reçoivent dans leurs PAD ou leurs CCAS les usagers en difficultés d’écriture. Les qualités d’écoute et de rédaction, ainsi que la connaissance des rouages administratifs du prestataire, permettent à ces personnes d’affirmer et de rétablir leurs droits. Au-delà ils retrouvent une position de personne traitant d’égal à égal avec les administrations, les services de santé, les services sociaux, les entreprises. L’attitude respectueuse et empathique de l’écrivain public envers le demandeur va permettre à l’usager de se dégager du malaise créé à réception de courriers froidement administratifs qui les choquent ou les plongent dans le désarroi. En ce sens, l’écrivain public redonne dignité et espoir au demandeur.
Il est remarquable aujourd’hui que la tendance sociétale qui impose à tous l’immédiateté et l’emploi des nouvelles technologies numériques ont un impact non négligeable sur notre profession. Nombre d’institutions et d’organisations publiques et privées imposent de communiquer par l’internet, notamment pour y faire des déclarations fiscales, bancaires, des caisses d’assurances et familiales, des sinistres, etc.
Les usagers plus âgés ou d’origine étrangere sont perdus et incapables d’y faire face, n’ayant pas le matériel informatique ou les connaissances nécessaires.
Notre métier, pour répondre à cette évolution technologique, se doit de satisfaire les demandes de personnes en incapacité de remplir des inscriptions ou des déclarations en ligne.
La lettre classique, imprimée en A4, laisse progressivement la place à un service d’accompagnement informatique dédié. On découvre alors des problèmes de confidentialité, de gestions des données personnelles, et surtout de suivi des dossiers informatique.
À nous, écrivains publics « classiques » de prendre ce virage, dans l’optique de satisfaire aux demande des usagers, et en accord avec les municipalités ou institutions qui doivent aussi s’adapter à cette modernité épistolaire…
Calame94.

la lettre numérique écrite par l'écrivain public d'aujourd'hui